LE PORTRAIT QUE VOUS ALLEZ DECOUVRIR EST CELUI DE MYRIAM , UNE AMOUREUSE DE L’ART, DE L’ARTISANAT ET PROTECTRICE DES SAVOIR-FAIRE AFRICAINS. C’EST TOUT NATURELLEMENT QU’ELLE SE CONFIE A NOUS , BONNE LECTURE .

PEUX TU TE PRESENTER ?

Je suis Myriam AFIA, française parisienne, d’origine saharienne (Algérie) par mon père et berbère (Maroc) du côté de ma mère. Je suis maman de deux filles et artisan. Je pratique le tissage essentiellement mais également la broderie, le crochet, la couture, et la maroquinerie.

PEUX-TU NOUS EXPLIQUER EN QUOI CONSISTE TON METIER ?

Mon métier est surtout un mix de tout ce que j’aime faire , j’ai été maquilleuse studio pendant près de 15 ans . Après la naissance de ma première fille, j’avais envie de comprendre mes envies profondes, et cela a été une révélation pour moi , comme une seconde naissance .

De retour au Maroc , pays de mes grands-parents qui étaient artisans , l’envie de me pencher sur mon héritage et de leurs savoir-faire afin d’apporter à mon tour mon empreinte, ma propre vision dans le respect de leurs connaissances.

C’est ainsi que j’ai réuni tous leurs savoirs autour des femmes artisans afin de trouver le meilleur moyen de pérénniser notre savoir en le rendant productif et rentable pour tous ! Notre atelier aujourd’hui, c’est 20 femmes en direct et une trentaine coopérative sur toute l’Afrique avec qui nous communiquons et collaborons aussi souvent que possible pour unir nos forces et nos savoirs.

Dans notre atelier , nous représentons et produisons directement le tissage sur différents textiles ou fibres , vannerie, broderie, et maroquinerie ….

QUELLES DIFFICULTES AS-TU RENCONTRE DANS TON PARCOURS ENTREPRENARIAL ? QU’EST CE QUI T’A PERMIS DE LES SURMONTER ?

Entreprendre c’est le choix de vivre ses propres rêves ou envies! Entreprendre en Afrique c’est pas facile , c’est un système différent, des codes différents, une communication différente, une vie différente, mais comme partout et à chaque facette de la vie il y a des épreuves.

Encore aujourd’hui par exemple , je porte plusieurs casquettes , artisan, acheteuse, commerciale, et je dois gérer seule les réseaux et s’ajoute à tout cela ma vie privée , j’ai besoin de visibilité pour assurer la rentabilité de notre atelier.

Mes journées sont trop courtes , ce qui me donne la force , c’est quelque chose de plus fort que moi qui m’a mis sur ce chemin et que je nomme la foi, j’ai eu milles fois envie de rentrer en France et de passer à autre chose mais cette force divine me guide chaque jour un peu plus . Un ami me confia que le succès est dans la pratique quotidienne et je crois que c’est ça avancer un pas après l’autre, certainement une des clés.

COMMENT EN ES TU ARRIVEE A CONFECTIONNER DES CHAUSSURES , SACS , BIJOUX, ET PAR LA MEME OCCASION FAIRE LA PROMOTION DU MADE IN AFRICA ?

Comme beaucoup de femmes , j’ai un rapport très intime avec mes sacs à main, j’ai toujours confectionné mes pochettes depuis petite, j’aime les fourre-tout donc j’en ai fait pour moi et ensuite pour les copines. Ma grand-mère maternelle avait des doigts de fée , elle pouvait faire d’un torchon une oeuvre d’art grâce à la broderie. J’ai clairement héritée de son énergie a créer à partir d’un rien et redonner une seconde vie aux textiles qui ont perdus de leurs luminosités .

C’est comme cela que nous avons décidées avec les femmes de l’atelier de nous concentrer à créer ensemble des chaussures et des sacs avec des textiles écologiques ou en utilisant des matières recyclées, ce qui en plus de l’impact sur l’environnement , rend chacune de nos pièces uniques, et rares comme le sont nos clientes.

Le made in AFRICA coulait de source , nous créeons tout sur place au Maroc, et je voulais montrer qu’en Afrique nous avons le pouvoir de faire d’une petite chose un accessoire de luxe, n’oublions pas que de nombreux créateurs occidentaux s’inspirent tous les jours de nos savoir-faire et techniques, nous n’avons rien à envier à personne malgré les apparences.

EN TANT QU’ENTREPRENEUSE, ON SUPPOSE QU’IL N’Y AI PAS D’INCONVENIENTS, MAIS SI TU DEVAIS TROUVER UNE CHOSE QUI TE DEPLAIT DANS TON ENTREPRISE, CE SERAIT QUOI ?

Personnellement , j’ai beaucoup de mal à déléguer , malheureusement la notion de travail a trop souvent une connotation péjorative , c’est juste une obligation pour beaucoup d’africains et du coup ça se ressent sur l’énergie et l’implication des gens au travail. J’essaye donc de leur transmettre la notion de passion et plaisir à créer avant tout et d’y ajouter la notion d’implication positive.

QUELS CONSEILS DONNERAIS-TU AUX FEMMES QUI SOUHAITENT SE LANCER DANS L’ ENTREPRENARIAT ?

Foncer , foncer, foncer!!!! Nous avons besoin de femmes qui rêvent et croient en leurs rêves, après c’est plus ou moins dur ou facile selon les paramètres (mais c’est la vie) IL FAUT CROIRE EN SOI, UN POINT C’EST TOUT, le reste c’est du détail. Vous trouverez toujours des personnes pour vous saper le moral, et être négatif, bref, entourez vous de gens bienveillants et surtout croire en soi vaut mieux que milles conseils extérieurs , personne ne vous connait mieux que vous-même.

DANS 10 ANS, COMMENT TE VOIS-TU ?

J’espere en forme insha’ALLAH, c’est la base. J’aimerai porter haut et fort et mettre en lumière le talent des femmes artisans d’AFRIQUE mais également les femmes du monde entier !!

SI TU DEVAIS PRENDRE UNE AUTRE VOIE, VERS QUEL METIER TE DIRIGERAIS-TU?

Entreprendre c’est choisir de manière volontaire, je suis volontaire , je ne peux pas faire autre chose qu’entreprendre. Ne rien faire c’est aussi entreprendre en laissant les autres choisir pour soi. Mais ça ne me ressemble pas !


JE SAIS QUE TU VIS AU MAROC , MAIS SI TU DEVAIS VIVRE DANS UN AUTRE PAYS, LEQUEL SERAIT IL ET POURQUOI ?

Je me sens profondément Africaine avant tout, l’idéal serait d’avoir une base dans chaque pays d’Afrique , c’est peut être ça mon rêve , me sentir dans tout les pays d’Afrique CHEZ MOI.

JE TE LAISSE LE MOT DE LA FIN

DIEU EST GRAND